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Archives Mensuelles: novembre 2016

Un billet précédent se terminait sur le constat qu’il n’y avait pas consensus à l’effet que les autorités publiques doivent se préoccuper de la consommation de sucre, de sel et de gras.

J’y faisais référence à Margaret Wente, une chroniqueuse réputée du Globe and Mail. Au fil des années celle-ci a signé plusieurs billets où elle dénonçait l’ingérence des gouvernements dans les comportements privés des individus, notamment en ce qui a trait à ce qu’ils ingurgitent. Madame Wente avance  qu’on aurait tort de se fier aux études établissant des liens entre l’alimentation et la maladie puisqu’il est toujours possible de trouver une étude qui dit le contraire de la précédente. Mieux vaut donc ne pas se priver de ce qu’on aime fut-ce de la poutine, des Big Mac ou du Coca Cola. Read More

Bien des choses ont déjà dites avant et après l’élection présidentielle du 8 novembre dernier, mais il m’est difficile de résister à y aller de quelques propos décousus au risque de répéter ce qui a déjà été dit jusqu’à plus soif.

La démocratie a parlé

Lors des soirées électorales, il est habituel d’entendre les perdants dire qu’il faut accepter le verdict de la démocratie si cruel soit-il. C’est banal mais cela n’en est pas moins vrai encore une fois.

Pour plusieurs, dont le soussigné, le premier réflexe est de penser que les électeurs américains sont des imbéciles. Les mêmes imbéciles qui ont élu Ronald Reagan et le considèrent encore comme un demi-dieu. Les mêmes qui ont réélu W en 2004. Mais une telle façon de penser trahit beaucoup de suffisance et, au fond, elle équivaut à un rejet de la démocratie. Comme si les gens des petites villes et des campagnes, les ouvriers, les hillbillies et les WASP n’avaient pas le droit de dire qu’ils en ont soupé des droits des minorités, du cosmopolitisme et du libre-échange.  Read More

Un billet précédent illustrait l’importance des modes en santé publique en prenant pour exemple l’évolution contrastée des perceptions à l’égard des méfaits de l’alcool et du tabac. Un autre couple tout aussi révélateur est celui de la sécurité routière et de la bonne alimentation.

Le principal problème de santé publique dans les années d’après-guerre et jusque dans les années 1970 était la croissance rapide des accidents de la route. Curieusement, personne ne se souciait beaucoup de ce qui était perçu comme une fatalité. Aujourd’hui, on se désole quand le bilan routier annuel passe de 400 à 425 morts. Pourtant, en 1973, le nombre de décès sur les routes québécoises a atteint 2209 même si le nombre de véhicules et de permis de conduire était deux fois moindres qu’aujourd’hui. Ce retournement spectaculaire s’est amorcé quand les autorités publiques ont enfin réalisé qu’il y avait un problème et qu’elles pouvaient s’y attaquer en mettant sur pied des programmes visant à améliorer les véhicules, les infrastructures routières et les comportements des usagers de la route. Read More

Ayant eu la mauvaise fortune de mourir l’an dernier, Henning Mankell ne recevra jamais le prix Nobel de littérature. À mon avis, il l’aurait mérité. Tout autant que Philip Roth que l’on mentionne à chaque année comme un négligé de l’Académie suédoise. Certes ce choix serait aussi contestable que celui de R.A. Zimmerman, alias Bob Dylan, puisque comme le célèbre chanteur, Mankell a œuvré dans un genre mineur, soit le polar. Mais il a renouvelé le genre et lui a donné des lettres de noblesse en en faisant un prétexte pour aborder des questions sociales et existentielles. Son dernier roman[1] témoigne bien de sa grande maestria.  Read More